Naissance 1939
Décès 1990

Joseph Rendjambe Issani

homme politique gabon

Décédé en mai 1990 dans des circonstances non élucidées jusqu'à ce jour, Joseph Rendjambé était un homme politique gabonais, natif de la province de l'Ogooué-Maritime. Il fut le secrétaire général du Parti gabonais du progrès (PGP), un important parti de l'opposition.


Né dans la lagune Fernan Vaz, au sud de Port-Gentil, en 1937, lagune dont sont originaires également Pierre Akendengué, et ces frères Pierre Louis Agondjo-Okawé, Tchen Charles Tchen et Jean Ping...Rendjambé était l'héritier du trône royal de la région. Après son baccalauréat il se rend d'abord à Paris, en France pour y faire des études de philosophie à la Sorbonne. Son activisme politique le contraint à quitter la France pour l'Europe de l'Est, notamment la Tchécoslovaquie où il fera des études de sciences économiques sanctionnées par un Doctorat d'État. Il entre au Gabon en 1971, après avoir assisté au printemps de Prague et aux événements de mai 68 en europe. Très en vue pendant la Conférence Nationale dont il détourna l'enjeu en exigeant et obtenant le multipartisme immédiat, Rendjambé était un stratège politique fin connaisseur des techniques de manipulation des masses populaires. Sa mort privera longtemps l'opposition gabonaise d'un adversaire sérieux, résolu et radical jusqu'à l'avènement de Pierre Mamboundou.

 

Joseph Rendjambe Issani en classe de terminale au College Bessieux.

La mort de Joseph Rendjambé, alors considéré par le peuple gabonais comme un des seuls opposants crédibles, avait déclenché une vague de violences sans précédent à Libreville, la capitale du Gabon, où les militants et supporters du PGP avaient incendié des édifices publics, notamment les locaux de l'hôtel Dowé où le corps du dirigeant marigovéen avait été retrouvé sans vie.

Malgré l'instauration d'un couvre-feu, les manifestants continuaient à défiler dans les rues de Libreville et de Port-Gentil, réclamant le départ du président de la République, Omar Bongo, qu'ils soupçonnaient très fortement d'être le commanditaire de l'assassinat du chef de l'opposition gabonaise. Omar Bongo était ainsi sur le départ mais parvint à rester au pouvoir grâce, dit-on, au soutien des réseaux françafricains.

La société ELF avait fait évacuer tous les ressortissants français qu'elle employait. Des soldats français assuraient la sécurité de la cité ELF et du consulat de France touchés lors des émeutes.

Dix-huit ans auparavant, c'est-à-dire en 1972, Joseph Rendjambé avait été emporté par la vague d’arrestations qui, sous prétexte d’un complot communiste contre le pouvoir politique en place, fut suivie de son emprisonnement aux côtés de feu Pierre-Louis Agondjo-Okawé, et d’un certain nombre d’étudiants de la capitale. Il avait subi alors, comme d’autres, les interrogatoires musclés du redoutable policier français Georges Conan et des pressions de toutes sortes. Mais rien n’y fit. Il fit preuve de sa force de caractère et ne céda à aucune compromission.

 

Sources :

  1.  (en) « PANAPRESS - PANAFRICAN News Agency - Official Web Site » [archive], sur Panafrican News Agency, Panafrican News Agency (consulté le 29 septembre 2020).
  2.  « Rue 89 » [archive], sur Rue89 (consulté le 29 septembre 2020).
  3.  « Incident Port Gentil » [archive] [vidéo], sur ina.fr (consulté le 29 septembre 2020).
  4.  http://mandji.net/ambouroue.shtml [archive]

 

Joseph Rendjambe Issani

Né dans la lagune Fernan Vaz, au sud de Port-Gentil, en 1937, lagune dont sont originaires également Pierre Akendengué, et ces frères Pierre Louis Agondjo-Okawé, Tchen Charles Tchen et Jean Ping...Rendjambé était l'héritier du trône royal de la région. Après son baccalauréat il se rend d'abord à Paris, en France pour y faire des études de philosophie à la Sorbonne. Son activisme politique le contraint à quitter la France pour l'Europe de l'Est, notamment la Tchécoslovaquie où il fera des études de sciences économiques sanctionnées par un Doctorat d'État. Il entre au Gabon en 1971, après avoir assisté au printemps de Prague et aux événements de mai 68 en europe. Très en vue pendant la Conférence Nationale dont il détourna l'enjeu en exigeant et obtenant le multipartisme immédiat, Rendjambé était un stratège politique fin connaisseur des techniques de manipulation des masses populaires. Sa mort privera longtemps l'opposition gabonaise d'un adversaire sérieux, résolu et radical jusqu'à l'avènement de Pierre Mamboundou.

 

Joseph Rendjambe Issani en classe de terminale au College Bessieux.

La mort de Joseph Rendjambé, alors considéré par le peuple gabonais comme un des seuls opposants crédibles, avait déclenché une vague de violences sans précédent à Libreville, la capitale du Gabon, où les militants et supporters du PGP avaient incendié des édifices publics, notamment les locaux de l'hôtel Dowé où le corps du dirigeant marigovéen avait été retrouvé sans vie.

Malgré l'instauration d'un couvre-feu, les manifestants continuaient à défiler dans les rues de Libreville et de Port-Gentil, réclamant le départ du président de la République, Omar Bongo, qu'ils soupçonnaient très fortement d'être le commanditaire de l'assassinat du chef de l'opposition gabonaise. Omar Bongo était ainsi sur le départ mais parvint à rester au pouvoir grâce, dit-on, au soutien des réseaux françafricains.

La société ELF avait fait évacuer tous les ressortissants français qu'elle employait. Des soldats français assuraient la sécurité de la cité ELF et du consulat de France touchés lors des émeutes.

Dix-huit ans auparavant, c'est-à-dire en 1972, Joseph Rendjambé avait été emporté par la vague d’arrestations qui, sous prétexte d’un complot communiste contre le pouvoir politique en place, fut suivie de son emprisonnement aux côtés de feu Pierre-Louis Agondjo-Okawé, et d’un certain nombre d’étudiants de la capitale. Il avait subi alors, comme d’autres, les interrogatoires musclés du redoutable policier français Georges Conan et des pressions de toutes sortes. Mais rien n’y fit. Il fit preuve de sa force de caractère et ne céda à aucune compromission.

 

Sources :

  1.  (en) « PANAPRESS - PANAFRICAN News Agency - Official Web Site » [archive], sur Panafrican News Agency, Panafrican News Agency (consulté le 29 septembre 2020).
  2.  « Rue 89 » [archive], sur Rue89 (consulté le 29 septembre 2020).
  3.  « Incident Port Gentil » [archive] [vidéo], sur ina.fr (consulté le 29 septembre 2020).
  4.  http://mandji.net/ambouroue.shtml [archive]